Médecine occidentale et médecine chinoise sont deux médecines différentes qui s’appuient sur deux conceptions presque opposées de l’homme et du corps humain. La première aborde l’être humain de façon analytique en considérant le fonctionnement de ses organes isolés de l’ensemble, la seconde utilise toujours une approche synthétique qui privilégie l’unité et l’harmonie de la globalité du corps et de l’être.
Un exemple permet d’illustrer très clairement ces deux points de vue.
Considérons une infection intestinale causée par une bactérie, une entérocolite avec son cortège de diarrhées, de vomissements, de douleurs abdominales, de fièvre et de fatigue.
Le médecin occidental se focalise sur cet organe de l’appareil digestif qu’est l’intestin, et s’évertue à isoler l’agent responsable de ce trouble du fonctionnement. Il demande donc des examens complémentaires à la recherche d’un microbe pathogène et attend du microbiologiste une réponse avec identification du « responsable » de cette entérocolite. Celui-ci sera, souvent, une bactérie, L’homme de laboratoire ajoutera alors à sa réponse un antibiogramme qui établira la liste des antibiotiques actifs sur cette bactérie. Le traitement qui suivra aura pour but d’éliminer ce fauteur de trouble, cet organisme étranger venu perturber la fonction intestinale. On parlera alors de guérison lorsque les symptômes auront disparu.
Le médecin chinois traditionnel abordera cette entérocolite de manière opposée. Il ne concentrera pas son attention sur l’hôte étranger et indésirable. Il considérera que l’intestin envahi présente un amoindrissement de ses défenses naturelles qui, à l’état normal, forment une barrière protectrice contre ce genre d’intrusion. Il s’intéressera donc à la cause profonde de la maladie qui est un dérèglement de l’organe lui-même. Et pour comprendre ce dérèglement il étudiera soigneusement les relations de l’intestin avec les autres organes. Il continuera en étudiant l’organisme dans ses rapports avec son milieu. Ainsi il pourra arriver à la conclusion que l’origine de la maladie est une faute diététique ou une influence climatique dont la bactérie identifiée a profité pour envahir l’organisme. Le médecin chinois parlera alors de déséquilibre énergétique et le traitement consistera alors à rétablir l’équilibre compromis.
La différence entre les deux procédures est claire. Détruire le microbe permet certes d’obtenir un résultat. Mais peut-on alors parler de guérison ? On perçoit bien que celle-ci ne pourra être obtenue qu’en rétablissant l’harmonie du corps dans son milieu.
Les chinois utilisent un aphorisme dans leur langage très imagé pour exprimer cette différence :
« Tuer un invité ne referme pas la porte »
Gérard Pacaud