L’utilisation d’aiguilles comme agent thérapeutique en Médecine chinoise remonte à plusieurs millénaires avant Jésus-Christ. La légende rapporte que cette pratique trouve son origine dans une observation fortuite faite par les médecins chinois, au cours d’une séance de chasse.
Le contexte.
Il faut replacer cette scène de chasse dans le contexte de l’époque. Les premiers habitants de la Chine comme tous les autres hommes sur terre, vivaient dans des conditions difficiles, dans un monde hostile qui leur imposait de combattre des animaux mieux équipés qu’eux sur le plan musculaire et de se prémunir contre des phénomènes naturels comme les intempéries, dont ils ne comprenaient pas les mécanismes.
Ces forces extérieures, la pluie, les orages, le vent, les inondations, les incendies, étaient appréhendées comme manifestations d’une vie invisible que la culture chinoise personnifia en « génies », les uns bienfaisants, favorables aux hommes qu’elle appela « Chen », et les autres malfaisants, malveillants qu’elle appela « Kouei ». Ces derniers étaient rendus responsables des maladies et les médecins connaissaient des plantes capables de guérir en empoisonnant ces fameux « Kouei ». La pharmacopée chinoise s’est ainsi développée avant l’acuponcture.
Maladie interne et blessures.
A côté de ces maladies internes dues aux « Kouei », l’homme devait faire également face à de nombreuses blessures provoquées par les aléas d’une vie à haut risque. Comme pour les maladies, il avait élaboré de nombreux emplâtres à base de plantes, pour guérir ces traumatismes.
Un accident de chasse miraculeux
La légende relate qu’un homme parti à la chasse en quête de gibier pour nourrir sa famille reçut malencontreusement une flèche dans le pied, en arrière de la cheville sur sa partie externe. Une fois le trait extirpé, l’application d’un pansement compressif à base d’herbes arrêta l’hémorragie et servit d’obstacle à une éventuelle pénétration d’un « Kouei » à l’affût d’un mauvais coup. Le blessé se remit alors sur pied et se mit à gambader de joie avec une frénésie inattendue. Il venait en effet de constater que cette blessure inopinée l’avait délivré d’une douleur chronique qui occupait toute sa jambe depuis la hanche jusqu’au pied et le gênait considérablement pour marcher (on appellerait cela, de nos jours, une sciatique).
Notre chasseur était guéri de sa sciatique suite à la blessure accidentelle provoquée par la flèche. Cette observation donna l'idée aux médecins de l'époque, d'explorer d'autres points du corps, en les piquant, pour voir s'ils parvenaient, de cette façon, à soulager ou même à guérir certaines affections.L'acuponcture était nait mais il faudra plusieurs siècles pour qu'elle se développe et atteigne le niveau de perfection qu'elle présente aujourd'hui.
Gérard Pacaud